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Nous sommes à 5 Florence, auteur principal du blog Thomas, mon amoureux qui me soutient beaucoup beaucoup Honorine, notre piou piou n° 1 Alianore, notre piou piou n° 2 Florimond, notre piou piou n° 3

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Une approche démocratique : les EGN

Info venant de la lettre "Perinatalité"

Depuis les années 70, les plans périnatalité se sont succédés en France
et ont permis de faire diminuer de manière notable la mortalité et la
morbidité foetale et maternelle. Ces dernières années en particulier, un
effort important a été accompli sur les transferts in utero de manière à
ce que les bébés prématurés ou de faible poids naissent dans les
établissements dotés de tous les moyens médicaux et techniques appropriés
(réanimation néonatale, néonatologie).

Cependant, malgré d'indéniables progrès, la situation générale est loin
d'être satisfaisante, de l'avis des professionnels comme des usagers.

Les politiques décrites précédemment se sont traduites par deux grandes
évolutions : une médicalisation très importante et la réduction drastique
du nombre de maternités.

La médicalisation s'étend à tout le processus de la maternité :
multiplication des examens en routine durant la grossesse, travail «
dirigé » à l'aide d'hormones de synthèse, monitoring en continu durant
l'accouchement, gestes invasifs pratiqués dès la naissance, augmentation
continue du pourcentage de césariennes qui avoisine les 20%, persistance
de l'épisiotomie (plus de 70% pour un premier bébé en 1998)...

Ces pratiques médicales - dont l'efficacité n'est pas toujours établie
par la littérature internationale, bien au contraire - peuvent des effets
iatrogènes graves, trop souvent ignorés. Elles ont aussi des effets sur
les femmes, les enfants et les familles : trop de femmes sortent
physiquement et psychologiquement meurtries de leur accouchement -
l'épisiotomie est le prototype du geste complètement remis en cause par
la médecine des preuves, et qui a des conséquences importantes, parfois
dramatiques, sur le bien-être de la mère pendant des semaines voire des
mois après la naissance.

La place sans cesse accrue de la médecine dans ces processus a d'autres
effets pervers : les parents se sentent peu sûrs d'eux, voire
incompétents ; ils sont conduits à s'en remettre aux professionnels et
perdent confiance dans leurs capacités. L'établissement de la relation
parents/enfants, déjà potentiellement perturbée par les séparations
précoces en salle de naissance, en est handicapé. Cette situation
d'hyperprésence professionnelle contraste avec l'abandon qui caractérise
le retour à domicile, et le peu d'attention qui est portée à la
dépression post-partum (qui toucherait plus de 10% des femmes). Or, un
certain nombre de travaux insistent sur l'importance de ces premiers
jours de vie commune dans l'établissement du lien parents/enfants et la
prévention de la maltraitance.

Ce positionnement des professionnels du côté de l'omniscience et de
l'omnipotence a aussi pour effet que les parents tolèrent de moins en
moins les échecs, et ce, d'autant que leurs demandes d'explication sont
souvent accueillies par le silence, voire le mépris. En conséquence, la
judiciarisation des relations soignants/ soignés se développe et a des
effets délétères tant sur le plan humain que sur le plan économique : le
mouvement de protestation des obstétriciens de l'été 2006 en est un
exemple flagrant.

Parallèlement à la médicalisation, on a assisté à la fermeture d'un
nombre important de maternités (815 maternités en 1997, 653 en 2002, 611
en 2004) au motif que leur petite taille ne permettait pas d'assurer la
sécurité des naissances. Aujourd'hui ce mouvement, qui rend difficile de
garantir proximité et continuité des soins pour des personnes en milieu
rural, se poursuit pour des raisons ouvertement économiques. Partie
prenante des dispositifs censés permettre la maîtrise des dépenses de
santé, la tarification à l'acte est de l'avis même des professionnels un
système pervers : pour assurer leur rentabilité et donc échapper à la
fermeture, les maternités de niveau I, qui reçoivent les naissances sans
complication, ont intérêt à « faire des gestes », donc à médicaliser des
accouchements parfaitement nromaux, et en conséquence à prendre le risque
d'une iatrogénicité accrue sans même parler des effets sur les familes
évoqués plus haut. Par ailleurs, le choix pour les parents qui, dans les
autres pays européens, s'est ouvert vers les maisons de naissance,
l'accouchement à domicile, est cadenassé par les modes de rémunération
des professionnels et des établissements... alors même que cette diversité
de pratiques pourrait être un élément contribuant à la réduction des
dépenses de santé.

On ne pourra sortir de ces impasses qu'à la condition que le dialogue
entre professionnels, décideurs et usagers se développe et permette
d'élaborer des solutions acceptées par tous. Les dispositions de la loi
de mars 2002 relative aux droits des malades ont permis que,
progressivement, les usagers s'introduisent dans les instances qui
permettent de réfléchir sur l'avenir du système de santé.

Les Etats Généraux de la Naissance qui sont organisés à Chateauroux du 22
au 24 septembre 2006 sont une autre occasion, voulue par les usagers, de
réfléchir ensemble à un niveau plus global.

De premiers Etats Généraux avaient eu lieu à Paris en 2003 à l'initiative
du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) ;
à cette occasion, le CIANE (Collectif Interassociatif Autour de la
NaissancE, http://ciane.info/) avait été formé (il compte aujourd'hui 132
associations membres). C'est le CIANE, fort de l'expertise accumulée en
trois ans de participation à de nombreuses instances (Haute Autorité de
la Santé, Mission sur la périnatalité, comités de projets au ministère de
la santé, Commission Nationale de la Naissance etc.) qui a décidé
d'organiser cette deuxième édition des Etats Généraux de la Naissance.

Cette manifestation qui va rassembler environ 380 personnes, dont la
moitié de professionnels de la périnatalité, présente un certain nombre
de caractéristiques originales par rapport à l'édition 2003 des EGN, et
plus généralement par rapport aux événements de ce type organisés jusqu'à
présent. Il s'est agi de traduire les impératifs de la démocratie
sanitaire en actes et d'ouvrir l'espace des débats le plus largement
possible. Cette manifestation sera structurée autour de deux grands axes :

    * des « forums ouverts » dont l'ordre du jour sera déterminé par les
participants et dont l'organisation est pensée afin de favoriser les
interactions, la prise d'initiative, la créativité collective ;
    * des ateliers sur des thèmes qui ont été proposés à la fois par le
Comité d'organisation, mais aussi par des personnes extérieures.

Dans tous les cas, ont été mis en place sur le site des EGN des
dispositifs interactifs permettant à tous de réagir et d'influer sur
l'organisation : résumé du thème, listes ouvertes d'intervenants,
documents et liens en « ressources », forum ouvert à tout public, adresse
de contact, etc. Les ateliers comprendront une première partie
d'interventions courtes, synthétisant les documents mis à disposition, et
une seconde partie de discussion générale qui doit déboucher sur des
propositions concrètes.

Toutes les organisations professionnelles ont été conviées à prendre une
part active dans l'organisation et le déroulement de ces EGN. Les
dirigeants de certaines d'entre elles, manifestement déroutés par ce mode
de fonctionnement qui les dépossède en partie de la maîtrise des
événements, ont choisi, dix jours avant l'événement, d'annoncer leur
refus de participer. Ceci étant, le nombre important de professionnels de
la périnatalité inscrits permet de garder confiance dans la dynamique
lancée par cet événement, et l'avenir de la démocratie sanitaire.

---

Les inscriptions tardives aux États Généraux de la Naissance seront
acceptées sur place. La participation est de 130 euros, incluant les
repas et la soirée festive.

---

Collectif interassociatif autour de la naissance <http://ciane.info>

États Généraux de la Naissance
Châteauroux, 22-24 septembre 2006
http://www.quellenaissancedemain.info/


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